La République Pontault Combault - 4 décembre 2000
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Soirée résolument Jazz, samedi 25 novembre 2000 à la MJC,
avec deux formations pourtant dissemblables mais que
réunissaient un commun amour de la musique et un sens du
swing sans faille.
En première partie, le quartet Swing Banlieue Est, formation
"jazz manouche", rendait hommage à Django Reinhardt et à ses
Camarades du Hot-Club de France en reprenant nombre de leurs succès.
Jean-Pierre Graziano et Daniel Michinot, guitares, Philippe Cabantous,
basse et Alexis Rimbaud, qui jouait à la clarinette le même rôle qu’Hubert
Rostaing, lequel avait remplacé en 1940 Stéphane Grapelli au sein du
quintette du Hot Club, ont donc joué une musique aussi jubilante que jubilatoire
qui a enchanté une salle — bien remplie — où se mêlaient les générations.
Au cours de ce très agréable voyage dans le temps, alternant morceaux
sur tempo vif et ballades, on a pu apprécier des standards aussi populaires
que "All of you, Lover man, Minor swing» (où la clarinette entraînait
la musique manouche du côté de ses cousins tziganes), "Les Feuilles mortes"
(joué avec beaucoup d’émotion et d’intensité et très apprécié) ou "les roses
rouges".
Après un hommage à Sydney Bechet ("Petite Fleur", nostalgie, nostalgie !) qui
n’était en
rien un plagiat,Alexis Rimbaud jouant avec son style propre, le groupe revenait à univers
manouche avec «Djangology», l'inévitable «Nuages» et un "Swing 42" qui méritait
bien
son nom.
Après cette musique qui rendait euphorique (et que Christian Bonno, dans la
salle,
avait appréciée en connaisseur), le trio de William
Chabbey nous faisait aborder
à d'autres rivages, plus modernes mais non moins plaisants. Les deux premiers
morceaux, "Moving alone" et "Road Song", de Wes Montgomery, indiquait bien de
quel côté
penchait le coeur du guitariste leader. Comme Wes en 1959 avec avec Melvin Rhyne
et
Paul Parker, et en 1966 avec Jimmy Smith, il avait choisi une formation guitare,
orgue, batterie.
Ce qui caractérisait les trois musiciens, c’était l’alliance d’une sûreté technique permettant
une virtuosité impressionnante dans les morceaux en tempo rapide,et d’un sens
mélodique qui
s'épanouissait sur tempo lent.
Le public s’est montré très sensible également à la qualité des échanges entre
les musiciens,
le dialogue devenant en quelque sorte visible lorsque William Chabbey se levait
pour s’approcher de l’organiste Patrick Villanueva. Mais chacun était capable de
capter l'attention du public, et de de susciter ses applaudissements, lors de
solos d’une grande qualité d'invention.
On a même eu droit à des démonstrations proprement pyrotechniques, sur un tempo
d’enfer, pour la composition de William Chabbey intitulée "Mister Brown".
Le guitariste-compositeur semble avoir autant d'amour pour famille que pour la
musique, puisque plusieurs des compositions qu’il a présentées étaient dédiées à
son fils ("Valse pour Jonathan"), à son frère ("Blues pour Manu") ou à sa
compagne("Laurence").
La qualité de ce concert était d’autant plus impressionnante que ce n’était que
la deuxième prestation du groupe, qui s’était formé à l'occasion du Nancy Jazz
Pulsations: ils étaient faits pour se rencontrer.
Et on attend avec impatience la sortie du disque qu’ils doivent enregistrer sous
peu.