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"Jazzons sous la pluie"
Clôturant avec un Stephano Di Battista magistral, le festival de jazz au
château de Clermont s'est inscrit dans les annales.
Fin connaisseur, le public avait prévu le coup. Parapluies,
ponchos et coupe-vents donnaient un ton coloré aux gradins. Pas question de
se faire avoir par un ciel grincheux qui s'entête à être au rendez vous
chaque année au festival de jazz de Clermont. "Je peux vous donner la
météo pour Clermont 2004: il fera mauvais", ironise Pierre Brémant,
président du jazz club d'Annecy, organisateur de l'événement.
Les plus de 500 entrées comptabilisées samedi soir ont de quoi justifier
cette bonne humeur. Par rapport aux grands festivals de l'été, ce nombre
pourrait sembler faible, mais il suffit largement à remplir la cour du
château.
Evidemment, la raison de cette affluence tient en ces quelques mots en tête
d'affiche: "Stephano Di Battista et Flavio Boltro Quintet".
Magique à tous les instants, le concert des jazzmen italiens a été à la
hauteur des espérances.
Dès les premiers tempos balancés sans bavardage par le batteur André
Ceccarelli, l'entente est parfaite entre les musiciens. Les morceaux de
chauffe donnent l'occasion à Rosario Bonaccorso de faire la démonstration de
sa vélocité et de son sens du phrasé à la contrebasse. Tandis que les
cuivres vedettes se relaient sur les devants de la scène, le placide Eric
Legnini se délecte au piano. Il faudra attendre le milieu de la prestation
pour que Di Battista se lance dans un magnifique solo, dénichant des notes
improbables avec la plus grande facilité.
En final, le groupe s'est fait plaisir en interprétant le célèbre "Caravan""
de Duke Ellington, suivi dans la foulée par un jam de blues en guise de
bis... que le public n'a pas boudé malgré la pluie.
Bénéficiant par moment d'une
accalmie atmosphérique, les mélodies toute en douceur du William Chabbey
trio ont touché droit au but. Accompagné par Patrick Villanueva à l'orgue et
George Brown à la batterie, le guitariste a dévoilé avec classe ses
compositions, avant de se fendre en solo d'un hommage à Django Rheinhard
pour un "Nuage" de circonstance.
La première partie de cette soirée était assurée par les lyonnais de
Talkin'bout : Sébastien Joulie, guitare, Matthieu Marthouret, piano et orgue
Hammond, Charles Clayette, batterie et Basile Mouton, contrebasse. Tous
musiciens jazz de formation, ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes et le
public le leur a bien rendu. Un an et demi après l'enregistrement de leur
album "Reg" (désert de pierre), ils ont remporté hier soir une étape majeure
de leur montée dans les sphères du swingue.
Jean Loup Fontana. |
"Let's jazz in the rain"
Closing with a brilliant Stephano Di Battista, the Jazz festival in the Clermont castle will go down in its annals. Expert, the public already knew. Umbrellas, ponchos and raincoats lent multiple colours to the rows. No question of being trapped by every year's uncertain weather, at the Clermont Festival. "I can give you the weather forecasts in Clermont in 2004 : it will be bad", said Pierre Brémant, President of the Annecy Jazz Club and organizer of this event. The more than 500 entrances on Saturday night justify this good mood. Compared with the famous summer festivals, this number could seem weak, but was quite enough to fill the castle court ; of course, the reason for this crowd lies in the words at the top of poster : "Stephano Di Battista and Flavio Boltro Quintet". The William Chabbey Trio's sweet melodies went straight to the point. Accompanied by Patrick Villanueva playing organ and George Brown playing drums, the guitarist revealed his compositions with style. He then finished playing a solo homage to Django Reinhard with a very appropriate "Nuages". (…) |